Grande voie Trilio au Mont Aiguille dans le Vercors

L’été est là, le soleil, la chaleur et le temps stable aussi, toutes les conditions sont réunies pour se lancer dans l’ascension du Mont Aiguille par la voie Trilio, ouverte par les frères Rémy en 1992. Cette voie remonte le pilier nord-est du Mont Aiguille, la plus haute partie de Mont avec environ 300m de dénivelé. Onze longueurs entre 5 et 6c (on ne parlera pas de la quatrième longueur en soi-disant 7a/b, vive l’escalade articifielle !), entre dalles en rocher ultra compact comme au Verdon et des longueurs en rocher fragile bien plus typique du Mont Aiguille. Vio est motivée pour partager cette ascension avec moi, depuis le temps que j’y pense, voici une bonne occasion. Départ de la Richardière vers 9h30 et montée botanique jusqu’au pied des falaises entre orchidées diverses (pourpre, militaire, sabots de vénus…) et forêt de hêtres. Quelques marmottes se signalent dans les pentes rocailleuses, les chocards à bec jaune sont là eux aussi. On attaque la grimpe vers 11h sous un grand ciel bleu et un air frais, un tichodrome échelette nous indiquant le chemin, que du bonheur ! Et puis rapidement des vautours fauves viennent saluer nos efforts alors qu’eux se la coulent douce sur les thermiques. Belle grimpe mais il faut échauffer le mental en plus des muscles, les points étant assez espacés. Quelques coinceurs à cames peuvent d’ailleurs être utiles pour éviter que certains pas soient exposés. Toute la première partie de la voie se déroule sur un rocher gris et compact avec des sections de grimpe plutôt typées bloc et dalle avec une belle ambiance de solitude au dessus du ravin du pilier nord. Dans la seconde partie, on retrouve du rocher plus fracturé où il faut faire attention à ce que l’on touche, entrecoupé de sections d’excellent rocher compact pour quelques pas d’escalade bien techniques. Nous atteignons le sommet vers 17h et nous voilà à quelques mètres du point le plus haut du Mont Aiguille. La prairie sommitale est toujours aussi belle et fleurie. Quelques personnes sont déjà là, et heureusement étant donné que l’on est samedi, qu’il fait grand beau et que les conditions seront idéales pour bivouaquer ici. Ils sont presque tous montés par la voie normale, accessible au plus grand nombre avec un guide de haute montagne. On profite quelques instants de la vue et de l’herbe grasse qui soigne nos petits pieds endoloris par plusieurs heures de compression dans les chaussons. La descente en rappel est encombrée, la montée aussi, pas mal de monde semble motivé pour aller dormir en haut mais certains sont peut-être partis un peu tard… Nous regagnons la vallée, heureux de cette aventure à deux pas de la maison. Notre compte-rendu plus technique sur C2C.

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